Niveau de vie : la redistribution sociale fonctionne toujours selon l'Insee
Le 16 novembre dernier, l'Insee affirmait dans le cadre de son « Portrait social 2011 » que la redistribution sociale des richesses fonctionne toujours pour réduire les inégalités en France. Revue de détails.
Quelques jours après l'annonce faite par le gouvernement de son intention de revaloriser à partir d'avril 2012 les prestations familiales et les allocations logement en fonction de la croissance (+ ou - 1 % l'an prochain) et non plus en fonction de l'inflation (+ 2,3 %), l'Insee publie son traditionnel « portrait social » pour 2011.
Dans cette étude menée sur les chiffres 1990-2010, l'Insee affirme que le système de redistribution sociale des richesses fonctionne toujours en France, mais que les canaux de redistribution ont changé. En effet, selon l'Insee, « la réduction des inégalités passe plus qu'avant par les prélèvements sociaux et moins qu'avant par les deux canaux traditionnels de la redistribution » que sont l'impôt sur le revenu et les prestations sociales.
Dans le détail, si les prestations sociales restent le premier vecteur de redistribution (pour deux tiers, contre un tiers pour les prélèvements), leur portée est affaiblie pour combler les inégalités suite aux différentes modifications réglementaires de ces dernières années. Dans le même temps, l'impôt sur le revenu contribue aussi, selon l'Insee, un peu moins qu'avant à diminuer les inégalités. En vingt ans, note l'Insee, l'impôt sur le revenu est devenu moins progressif : « les 20 % les moins riches payent moins d'impôt en 2010 qu'en 1990 ». Sachant cela, l'équilibre se crée grâce à la création de contributions sociales, comme la CSG, qui intègre les revenus du patrimoine dans son assiette. La redistribution opérée en France est donc « globalement stable » depuis 1990, selon l'Insee, mais les écarts se creusent entre les « riches » et les « pauvres ». Entre 1990 et 2010, les 20% des Français les plus modestes ont vu leur niveau de vie réduit de 400 euros tandis que dans le même temps, les 20% les plus riches gagnaient 680 euros.
Sans la redistribution des richesses via les prestations sociales, l'impôt sur le revenu et les prélèvements, l'écart serait deux fois plus élevé conclu l'Insee.
