Sarkozy vers un dernier plan de rigueur ?
La semaine dernière, le Président de la République, Nicolas Sarkozy a annoncé des mesures de relance qui sonnent pour les Français comme un nouveau plan de rigueur avec notamment une hausse de la TVA, le relèvement de la CSG sur les revenus financiers, une taxe sur les transactions financières.
Les mois se suivent et se ressemblent. Une crise chasse l'autre et les politiques de tous bords, devant l'imminence de l'échéance électorale présidentielle, multiplient les annonces et les programmes anti-crise. Après François Hollande, candidat déclaré du PS, et François Bayrou, candidat déclaré du Modem, c'était au tour dimanche dernier de Nicolas Sarkozy, Président en exercice et potentiel candidat de l'UMP de rentrer dans l'arène.
Qu'a-t-il annoncé aux quelque 16,5 millions de téléspectateurs ? Des nouvelles mesures de relance qui visent à encourager la compétitivité de la France. Concrètement, le chef de l'état a dressé un bilan mitigé d'une France en pleine crise. Le chômage en hausse, la dés-industrialisation, le coût du travail trop cher, la pénurie de logement... Mais selon Nicolas Sarkozy, la stabilisation est à portée de main si la France réagit au plus vite. D'où les mesures de relance de la compétitivité annoncées dimanche soir.
Quelles sont ces mesures ? La plus emblématique est celle que l'on appelle depuis 20 ans la TVA sociale. Elle consiste à abaisser le coût du travail en accordant une exonération sur les charges patronales des entreprises. Le manque à gagner est financé par un relèvement du taux de la TVA. Dans le plan Sarkozy, la hausse du taux de TVA de 1,6 % s'accompagne d'un relèvement de la CSG sur les revenus financiers, pour un total d'exonération de charges de 13 milliards d'euros.
Cela sera-t-il suffisant ? Cela arrivera-t-il a relancer la machine industrielle française ? Selon les avis des économistes et des syndicats patronaux, on restera loin du compte. A l'image de l'Allemagne qui a relevé son taux de TVA de 3 %, l'option de la TVA sociale ne vaudrait en France que si elle allège pour les entreprises au minimum 35 voire 45 milliards d'euros en fonction des hypothèses de travail retenues par les économistes...
Sachant que la mise en application de la TVA sociale n'interviendra qu'en octobre prochain, soit après les présidentielles, les Français ont les cartes en main pour décider si oui ou non, l'idée de l'UMP est une option pertinente et appropriée pour la France.
