Depuis le 1er août 2026, le Livret A et le LDDS rapportent 1,7 % par an, contre 1,5 % auparavant. Le taux du LEP reste fixé à 2,5 %. Ces taux concernent les titulaires de ces livrets et les personnes qui envisagent d’en ouvrir un, mais ils ne disent pas combien vous pouvez épargner chaque mois.
Pour commencer sans déséquilibrer votre budget, ne partez pas d’un pourcentage trouvé en ligne. Calculez d’abord ce qu’il reste vraiment après les dépenses du mois, y compris celles qui n’arrivent qu’une ou deux fois par an. Le premier virement peut être modeste : il doit surtout éviter le découvert et rester ajustable.
La Banque de France résume le principe sans fixer de norme : le bon niveau d’épargne est celui qui ne met pas le budget dans le rouge. Une moyenne nationale ne répond donc pas à la question individuelle. Au premier trimestre 2026, le taux d’épargne financière des ménages atteignait 9,5 %, mais ce chiffre mélange des situations très différentes. Il ne constitue pas un objectif à reproduire sur votre salaire.
Ce qui change
Le taux du Livret A a été relevé de 0,2 point le 1er août 2026, à 1,7 %. Le LDDS suit le même taux. Le LEP reste à 2,5 % pour les personnes qui remplissent ses conditions de revenus et de domicile fiscal. La rémunération est donc meilleure qu’au premier semestre pour le Livret A et le LDDS, mais cette hausse ne doit pas transformer une marge fragile en versement obligatoire.
Le changement de taux s’applique aux sommes déjà placées comme aux nouveaux versements à partir de sa date d’effet. Il ne change ni la disponibilité de l’argent, ni l’absence de versement périodique obligatoire sur le Livret A. Pour une première épargne, la vraie question reste le montant que le compte peut supporter tous les mois.
La méthode commence par séparer quatre montants : les ressources nettes, les charges fixes, les dépenses courantes et les dépenses irrégulières. L’épargne vient ensuite. La traiter comme une facture prioritaire sans avoir fait ce calcul peut conduire à virer de l’argent vers un livret, puis à le reprendre quelques jours plus tard ou à payer des frais de découvert.
Les ressources comprennent le salaire, la pension, les allocations et les autres revenus réellement disponibles. Les charges fixes regroupent notamment le loyer ou le crédit immobilier, l’énergie, les assurances, les abonnements, les impôts mensualisés et les remboursements de prêts. Les courses, les transports, la santé et les loisirs relèvent plutôt des dépenses courantes.
Reste une catégorie facile à oublier : les dépenses irrégulières. Une assurance payée une fois par an, l’entretien de la voiture, des frais scolaires ou un équipement à remplacer ne disparaissent pas parce qu’ils ne sont pas prélevés chaque mois. Additionnez ces dépenses prévisibles sur l’année, puis divisez-les par douze. Cette provision réduit la capacité d’épargne affichée, mais elle évite de confondre une marge temporaire avec une somme durablement disponible.
Qui est concerné
Depuis le 1er août 2026, le taux de 1,7 % concerne tous les titulaires d’un Livret A ou d’un LDDS. Le taux de 2,5 % concerne les titulaires d’un LEP qui continuent de remplir les conditions du produit. Si vous ouvrez l’un de ces livrets après cette date, vérifiez également que la banque affiche bien le taux en vigueur et, pour le LEP, qu’elle a contrôlé votre éligibilité.
La méthode de calcul s’adresse d’abord aux personnes qui n’ont encore aucune réserve disponible, mais aussi à celles dont l’épargne varie fortement d’un mois à l’autre. Elle convient aux revenus réguliers comme aux revenus irréguliers, à condition d’adapter la période d’observation.
Avec un salaire stable, trois mois de relevés permettent souvent de repérer les dépenses habituelles. Avec des revenus variables, il est plus prudent d’examiner une période plus longue et de calculer la capacité sur un mois bas, pas sur le meilleur mois de l’année. Un versement automatique trop élevé peut être diminué ou suspendu ; cette souplesse vaut mieux qu’un objectif impossible à tenir.
Si le compte est déjà à découvert, si des prélèvements sont rejetés ou si les mensualités de crédit ne peuvent plus être payées normalement, la priorité n’est pas de constituer une épargne coûte que coûte. Il faut d’abord stabiliser la situation. Les Points Conseil Budget proposent un diagnostic gratuit, confidentiel et sans condition. Ils peuvent aider à reprendre les dépenses, les droits et les dettes dans le bon ordre.
Montants, dates et conditions
Prenons un exemple mensuel : 1 850 euros de ressources nettes, 1 150 euros de charges fixes, 500 euros de dépenses courantes et 100 euros de dépenses irrégulières ramenées au mois. La marge calculée est de 100 euros : 1 850 – 1 150 – 500 – 100.
Virer immédiatement ces 100 euros laisserait le compte sans aucune souplesse. Un premier versement de 30 euros conserve un tampon de 70 euros. Ce montant n’est pas une recommandation générale ; il illustre seulement une règle prudente. Après deux ou trois mois sans reprise sur le livret ni découvert, le virement peut être augmenté. S’il provoque une tension, il doit être réduit.
Pour une réserve destinée aux imprévus, la disponibilité de l’argent compte davantage qu’une promesse de rendement élevé. Les livrets d’épargne réglementée permettent des retraits à tout moment. Le Livret A n’impose aucun versement périodique et ses opérations courantes sont gratuites.
Au 30 août 2026, le Livret A et le LDDS rapportent 1,7 % par an depuis le 1er août. Le LEP est rémunéré à 2,5 %, sous condition de revenus et de domicile fiscal. Ces taux peuvent changer : vérifiez la date et votre éligibilité avant l’ouverture. Pour une première réserve, ne bloquez pas une somme dont vous pourriez avoir besoin pour une facture proche.
Ce qu’il faut vérifier
Commencez par reprendre vos trois derniers relevés, davantage si vos revenus fluctuent. Notez les ressources encaissées, les charges fixes, les dépenses courantes et les paiements annuels ou trimestriels. Écartez les entrées exceptionnelles : une prime ponctuelle ou un remboursement ne doit pas gonfler artificiellement la capacité mensuelle.
Fixez ensuite l’objectif de la réserve. Une dépense imprévue, une baisse temporaire de revenus et un projet prévu ne répondent pas au même calendrier. La première somme disponible sert à absorber un aléa court. Les projets de moyen ou long terme viennent après et peuvent nécessiter d’autres produits, d’autres durées et une évaluation séparée des risques.
Choisissez enfin une date de virement placée après l’arrivée du revenu principal et avant les dépenses les plus variables. Commencez avec un montant que le mois peut supporter. Contrôlez le solde avant le virement suivant et regardez si vous avez dû reprendre l’argent épargné pour payer des charges normales.
Au bout de trois mois, la décision est simple : maintenir le montant s’il laisse une marge réelle, l’augmenter progressivement si le tampon reste intact, ou le réduire si le compte se tend. La régularité n’a d’intérêt que si elle respecte le budget. Une petite somme conservée vaut mieux qu’un gros virement annulé par un découvert.