La voiture électrique est-elle vraiment un véhicule propre ?

Face à la fin programmée des véhicules thermiques d’ici 2035, le gouvernement met en place des aides pour le financement des véhicules électriques. Elles peuvent atteindre 10.000€ mais il faut encore financer l’installation d’une borne de recharge. Le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ? Les voitures électriques sont-elles vraiment des véhicules propres ?

Des solutions pour étaler ses dépenses

Pour installer une borne de recharge domestique chez soi, il faut compter entre 1200 et 2000€. Elle sera bien plus efficace qu’une prise renforcée avec laquelle vous mettrez entre 8 et 16 h pour recharger votre véhicule électrique. Pour cela plusieurs options s’offrent à vous : le crédit classique pour lequel vous choisissez la durée de remboursement en fonction de votre budget, le crédit d’impôt qui vous remboursera une partie de votre dépense (le montant est plafonné à 300€) et le paiement comptant. 

Attention : Pour un montant aussi bas, on vous proposera un crédit renouvelable dont le taux peut avoisiner 21%, ce qui est une très mauvaise affaire. L’idée est donc de le rembourser le plus rapidement possible pour bénéficier d’un taux plus acceptable ou de demander une rallonge sur votre crédit auto lors de l’achat du véhicule.

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Un impact carbone pas si vert

Mais à bien y réfléchir, faut-il investir dans une voiture électrique, est-elle aussi verte qu’on le dit ? L’impact carbone de la fabrication de ces véhicules fait en tout cas consensus. La production de leur batterie et de leur motorisation requièrent beaucoup d’énergie pour un bilan d’émission de gaz à effet de serre négligeable. Par ailleurs la taille de la batterie pose également question : elle peut représenter un poids variable entre 305 kg (Renault Zoe) et 700 kg (Audi-Tron). Conjuguée à sa durée de vie (160.000 km chez Renault ou 8 ans) et la perte de puissance du moteur quand on ne la conduit pas suffisamment, le bilan s’alourdit, d’autant qu’à l’heure actuelle les batteries sont fabriquées en Chine dans des usines fonctionnant au charbon….

En plus des émissions à effet de serre, il faut prendre en compte la pollution des sols et de l’eau due à l’extraction des métaux et à leur affinage mais aussi à la production de électronique. Or elle n’est jamais abordée dans les études. On considère pourtant qu’elle est jusqu’à 2 fois plus importante que pour la fabrication des véhicules thermiques.

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Quel impact environnemental à l’usage ?

Pour compenser le bilan carbone de sa construction, il faut parcourir au volant de sa voiture électrique au moins 30.000 km dans le cas d’un petit modèle comme la Zoe, moins émettrice de gaz à effet de serre, et encore faut-il que l’énergie utilisée pour sa fabrication ne soit pas une énergie fossile. Selon une étude allemande, un véhicule électrique Volkswagen émet moins de gaz à effet de serre qu’un véhicule thermique à partir de 137.000 km seulement si la batterie est élaborée en Europe et à condition qu’il ne faille pas la remplacer entre temps. La meilleure solution serait que les voitures électriques soient fabriquées et alimentées à partir d’énergies renouvelables dans des usines de proximité…

Publié le 3 août 2022 par Benoit Bernanque – Dernière modification le 3 août 2022