Passoires thermiques : les ventes s’accélèrent avant 2023

Alors que les logements les plus énergivores seront interdits à la location dès 2023, de nombreux propriétaires décident de se débarrasser de leurs biens plutôt que de les rénover, quitte à subir une décote importante. Une tendance que confirment les professionnels de l’immobilier au second trimestre 2022.

La loi Climat et Résilience

En vue d’inciter les bailleurs de logements très énergivores à entreprendre une rénovation énergétique globale, la législation a fixé un seuil maximal de consommation d’énergie à ne pas dépasser par m2 et par an. Ainsi, le décret du 11 janvier 2022 a fixé le seuil de consommation à 450 kW par m2 de surface habitable par an. Au-dessus, ils seront interdits à la location et ce dès 2023 (pas de mise en location ni de renouvellement de bail possible). Pour connaître la consommation de logement, il faut se référer au DPE (Diagnostic de performance énergétique). Selon SeLoger.com, 90.000 locations seraient concernées.

Par ailleurs, il en sera de même pour les logements étiquetés G dès 2025. En 2028, il s’agira des logements classés F puis en 2034 ceux classés E. En tout, il n’y aurait pas moins de 4.8 millions de passoires thermiques en France dans le viseur du ministère de la transition écologique.

Une décote jusqu’à – 20% 

De nombreux bailleurs estimant les travaux de rénovation énergétique trop onéreux préfèrent vendre. Toujours d’après SeLoger.com, on trouve de plus en plus de passoires thermiques sur le marché de l’immobilier (+ 8% en 2021, et même jusqu’à + 70% dans des villes comme Rennes, Nantes ou Paris par rapport à 2020). Une tendance qui se poursuit en avril 2022 comme le constate l’étude récente publiée par Meilleurs Agents. Le prix affiché tient compte de l’estimation des travaux de rénovation, d’où une décote jusqu’à 20% selon les logements, hormis à Paris.

Les aides à la rénovation

Une rénovation globale dans un logement classé F ou G peut rapidement atteindre les 50.000€, ce qui justifie pleinement la décote consentie. Plusieurs leviers peuvent cependant être actionnés pour atteindre une étiquette D. 

L’état en partenariat avec l’ANAH, les professionnels du bâtiment certifiés RGE (Garant de l’environnement) et les banques a mis en place plusieurs dispositifs d’aides qui se cumulent entre elles : MaPrimeRénov’, MaPrimeRénov’ Sérénité, la prime énergie CEE, la TVA à taux réduit, l’éco-prêt à taux zéro sans compter les aides locales. Tout le monde y a droit, le montant est calculé selon les revenus du demandeur.

Montant des primes : 

AideMontant
MaPrimeRénov’Jusqu’à 10.000€
Prime énergie et Coup de pouce chauffageJusqu’à 4.000€
TVA5.5%
Eco-prêt à taux zéroJusqu’à 30.000€

Plusieurs conditions doivent être remplies : le logement doit être construit depuis plus de 15 ans, les travaux entrepris par une entreprise RGE et le gain énergétique atteindre au moins 35%. Les travaux éligibles concernent l’isolation (murs, combles, plancher bas, vitrage), la ventilation, les systèmes de chauffage (pompes à chaleur, chaudière à condensation ou biomasse, poêle à granulés, panneaux photovoltaïques…) et de production d’eau chaude, le changement d’éclairage, les audits énergétiques.