Pour un fonctionnaire, calculer sa retraite en prenant 75 % du dernier salaire peut donner un montant trop élevé. La pension de base repose en principe sur le traitement indiciaire brut détenu depuis au moins six mois. Les primes suivent, pour l’essentiel, un autre circuit.
Ce qui change
Sur la fiche de paie, le traitement indiciaire correspond à la rémunération liée au grade et à l’échelon. Le total brut peut comprendre d’autres sommes. C’est cette différence qui compte dans les règles de calcul en vigueur en novembre 2026.
Les « six derniers mois » ne désignent donc pas une moyenne de tout ce qui a été versé pendant cette période. Ils renvoient au traitement de référence et à la durée pendant laquelle l’indice a été détenu. En règle générale, un avancement d’échelon obtenu moins de six mois avant le départ ne suffit pas : le traitement précédent est retenu, sauf exception.
Qui est concerné
Cette règle concerne les fonctionnaires relevant du Service des retraites de l’État ou de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales. Elle ne s’applique pas de la même manière aux contractuels.
Un contractuel cotise à l’Assurance retraite et à l’Ircantec. Ses primes entrent dans la rémunération soumise à cotisations. Travailler dans un service public ne suffit donc pas à déterminer la formule de sa pension.
Montants, dates et conditions
La formule générale de la pension de base multiplie le traitement indiciaire par 75 %, puis par le rapport entre les trimestres retenus pour cette pension et les trimestres requis. Une décote, une surcote ou des majorations peuvent ensuite intervenir.
Prenons un exemple fictif : 2 400 euros de traitement indiciaire et 600 euros de primes, soit 3 000 euros bruts mensuels. Si les trimestres retenus permettent d’atteindre le taux maximal de 75 %, sans autre correction, le calcul de base donne 2 400 × 75 % = 1 800 euros bruts par mois. Appliquer 75 % aux 3 000 euros donnerait 2 250 euros : ce n’est pas la bonne assiette.
Les droits acquis grâce aux primes s’ajoutent séparément, notamment au titre de la retraite additionnelle de la fonction publique, la RAFP. Dans le cas général, les primes alimentent ce régime par points dans la limite d’une assiette égale à 20 % du traitement indiciaire annuel. Ce plafond de cotisation ne signifie pas que la RAFP versera une pension de 20 % du salaire. La nouvelle bonification indiciaire, lorsqu’elle est perçue, ouvre quant à elle droit à un supplément de pension.
Ce qu’il faut vérifier
Le taux plein signifie qu’une pension ne subit pas de décote. Il ne garantit pas le taux maximal de 75 % : une carrière partagée entre plusieurs régimes peut laisser un rapport de trimestres inférieur à un pour la seule pension publique.
Pour préparer votre budget, l’estimation du compte officiel Info-retraite rassemble les pensions de base et complémentaires connues des régimes. Elle distingue le brut et le net avant impôt et permet de comparer plusieurs âges de départ. Ce total estimé est plus utile que le seul calcul de 75 % du dernier bulletin de paie.
