Face à l’effondrement historique de la natalité, un rapport parlementaire présenté le 11 février 2026 propose la création d’un versement familial universel. Cette allocation mensuelle de 250 euros par enfant, versée de la naissance à 20 ans, remplacerait une dizaine d’aides actuelles. La France a enregistré seulement 644 000 naissances en 2025, le niveau le plus faible depuis 1945. Ce chiffre traduit un recul de 2,3 % par rapport à 2024 et de près de 24 % comparé à 2010. L’indice de fécondité atteint désormais 1,56 enfant par femme, un plancher que le pays n’avait pas connu depuis 1918.
Les parlementaires ont observé un paradoxe persistant : les Français expriment massivement un désir de parentalité, mais renoncent face aux difficultés financières, professionnelles et matérielles. Ce décalage entre les aspirations et la réalité constitue le cœur du diagnostic posé par cette mission d’information.
Un système simplifié pour toutes les familles
La proposition centrale du rapport consiste en un versement familial unique sans condition de ressources. Contrairement aux allocations familiales actuelles, qui démarrent au deuxième enfant et dépendent des revenus du foyer, cette allocation serait attribuée dès le premier né. Le dispositif absorberait plusieurs prestations : allocations familiales classiques, prime à la naissance, allocation de base de la PAJE, complément familial ou encore allocation de rentrée scolaire.
Les aides spécifiques à la garde d’enfants resteraient maintenues pour accompagner la reprise du travail. Le coût annuel supplémentaire oscille entre 5 et 10 milliards d’euros selon les estimations. Les responsables du rapport affirment que ce budget peut être financé en réorganisant les dépenses existantes de la politique familiale. Cette simplification administrative permettrait aux parents de bénéficier d’une aide lisible, sans naviguer dans un dédale de prestations aux critères variables.
Des mesures d’accompagnement pour lever tous les obstacles
Au-delà du volet financier, le rapport déploie 37 propositions structurées autour de trois axes complémentaires. Pour répondre à la problématique du logement, souvent identifiée comme un frein majeur à l’agrandissement des familles, les parlementaires suggèrent un prêt à taux zéro spécifique à chaque naissance. Cette aide faciliterait l’acquisition ou l’extension de la résidence familiale. Une exonération de droits sur les donations familiales jusqu’à 100 000 euros accompagnerait également les projets immobiliers.
Le congé parental ferait l’objet d’une refonte complète avec la création d’un congé unifié de douze mois, rémunéré proportionnellement au salaire. Cette formule abandonnerait le forfait actuel jugé insuffisant pour permettre aux parents de s’arrêter sans compromettre leurs revenus. Les modes de garde bénéficieraient d’un investissement massif qualifié de « plan Marshall » par les auteurs du rapport, avec le développement des crèches et des structures d’accueil pour réduire les listes d’attente.
L’application de ces mesures s’inscrit dans un calendrier progressif. Certaines dispositions pourraient voir le jour dès 2027, tandis que les plus structurantes, comme le versement universel, nécessiteraient une phase de transition étalée jusqu’en 2030. Les discussions parlementaires détermineront la faisabilité budgétaire et politique de chaque proposition. Le gouvernement n’a pas inscrit ce dispositif au budget 2026, ce qui décale mécaniquement sa mise en œuvre.
Le rapport évoque la création d’un ministère de plein exercice dédié aux familles, directement rattaché au Premier ministre. Cette architecture institutionnelle traduirait la volonté de placer la politique familiale au rang des priorités nationales, au même titre que les questions économiques ou de sécurité. Les arbitrages budgétaires et l’examen parlementaire détermineront si ces propositions dépassent le stade de l’intention pour transformer concrètement le quotidien des familles françaises.