Crédit immobilier : pourquoi ça bloque ?

Pour le onzième mois consécutif, les taux immobiliers continuent d’augmenter, excluant des crédits longues durées les ménages aux revenus les plus modestes et les plus âgés (+ 45 ans). Explications.

Des taux à plus de 2 % hors assurance dès 15 ans

Finis les taux moyens tant les écarts sont actuellement significatifs selon les durées de remboursement. Sur 20 ans, bienheureux celui qui obtiendra un taux à 2.30 %. Les ménages avec 40.000€ de revenus annuels ne peuvent plus espérer de taux inférieurs à 2.45 % selon les courtiers. Pour descendre à 2.09 %, les emprunteurs doivent désormais percevoir des revenus supérieurs à 80.000€.

Sur 25 ans, c’est pire. Les banques proposent entre 2.20 % et 2.60 % selon les revenus, hors assurance. Si l’on rajoute l’assurance de prêt, les frais de dossier et de garantie, le seuil du taux d’usure est dépassé et le dossier refusé.

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Inutile d’espérer le relèvement du taux d’usure en février prochain, les banques ne manqueront pas de relever leur taux dans la foulée. La seule solution pourrait venir de la décrue de l’inflation, or ce n’est pas ce qui prévu pour tout de suite. Les professionnels tablent ainsi pour un taux proche des 3.5 % au printemps prochain.

Des conséquences pour le marché de l’immobilier

Les conséquences pour le secteur immobilier et les Français sont nombreuses :

  • Les ménages aux revenus modestes et les plus de 45 ans sont les plus pénalisés sauf à proposer un apport très conséquent pour baisser le taux d’intérêt et la durée de remboursement. Certaines banques ont même suspendu leur offres de crédits.
  • Beaucoup de foyers s ‘autocensurent, reportant leur projet immobilier à plus tard. Les demandes de crédit ont en effet diminué de 20 % en novembre 2022 par rapport à novembre 2021,
  • Le nombre de transactions baissent mécaniquement du fait de l’inflation et de la crise énergétique. Les Français sont prudents, ils préfèrent conserver une épargne de précaution. De plus, les conditions d’accès au crédit sont plus dures depuis le début de l’année 2022 (apport, taux d’endettement, durée d’emprunt).
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Des perspectives en demi-teinte

Une bonne nouvelle cependant, le prix de l’immobilier amorce une baisse du fait de la remontée des taux mais elle reste légère. Le marché demeure en effet tendu du fait d’une offre en recul. Le coût des matériaux (+15%) et le surcoût entraîné par la mise en œuvre de la RT 2020 (+10 %) ont fait chuté de 28 % le nombre des constructions neuves au trimestre dernier. Cette pénurie alimente donc une tendance à la hausse des prix. Pour contrer ces effets, les constructeurs réclament que l’Etat reconsidèrent, en autres, les conditions d’accès au PTZ (prêt à taux zéro) de manière à mieux coller aux réalités du marché.

Publié le 31 décembre 2022 par Benoit Bernanque – Dernière modification le 31 décembre 2022