Les banques françaises affichent des performances remarquables : quand la finance redevient rentable

L’année 2025 aura marqué un tournant spectaculaire pour les établissements bancaires hexagonaux. Alors que le secteur traînait une réputation de poids mort boursier depuis plusieurs années, les trois ténors français ont pulvérisé les attentes des marchés financiers. Entre stratégies revues, marges reconstituées et confiance restaurée, ces géants ont démontré que leur modèle économique restait viable malgré les doutes accumulés.

Une remontée stratosphérique pour l’établissement de la Défense

La banque dirigée par Slawomir Krupa a réalisé l’exploit de l’année sur les marchés parisiens. Son titre a plus que doublé, affichant une progression de 153% entre le premier jour de janvier et la fin décembre. Les investisseurs ont salué la transformation opérationnelle menée tambour battant, qui a permis de restaurer la crédibilité d’un groupe longtemps perçu comme le maillon faible du secteur. La consolidation des activités, l’optimisation des structures de coûts et la génération de capital ont convaincu les analystes que le redressement n’était pas qu’un effet d’annonce. Cette renaissance boursière intervient après plusieurs exercices difficiles où l’action végétait sous les 30 euros, incapable de séduire les gestionnaires de portefeuille.

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Des mastodontes qui confirment leur solidité

Les deux autres piliers bancaires français n’ont pas démérité. Le leader national BNP Paribas a vu son cours progresser de plus de 36%, franchissant la barre symbolique des 80 euros. Sa capacité à maintenir des performances régulières à travers les cycles économiques continue de séduire les investisseurs en quête de stabilité. Le Crédit Agr a pour sa part enregistré une hausse de 32%, porté par son modèle diversifié qui mêle activités de détail, couverture assurantielle et gestion pour compte de tiers. Cette combinaison permet d’amortir les chocs sectoriels et d’offrir une visibilité appréciée sur les revenus futurs.

Le retour des établissements de crédit dans le palmarès du CAC 40 ne doit rien au hasard. Après une décennie marquée par des taux au plancher qui avaient comprimé leurs marges, le relèvement monétaire orchestré par les banques centrales a redonné de l’oxygène aux comptes de résultat. Les écarts entre taux de dépôt et taux de crédit se sont reconstituées, permettant de dégager des revenus substantiels sur l’intermédiation financière traditionnelle. Par ailleurs, la discipline budgétaire imposée ces dernières années commence à porter ses fruits, avec des ratios d’exploitation en amélioration sensible.

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L’horizon 2026 reste néanmoins parsemé d’interrogations. L’orientation future de la politique monétaire européenne, la vigueur de l’activité économique et les nouvelles exigences réglementaires en matière de fonds propres constituent autant de variables qui pourraient redistribuer les cartes. Pourtant, cette année aura au moins permis de lever un doute tenace : loin d’être condamnées au déclin, les institutions financières françaises peuvent encore générer de la valeur actionnariale quand les conditions s’alignent. Reste à confirmer que ce rebond n’est pas qu’un feu de paille mais bien l’amorce d’un cycle durable de création de richesse pour les actionnaires.